Faut-il être dur pour bien enseigner le kendo ?

Être professeur, ce n’est pas seulement pointer les défauts.

En tant qu’élève, j’ai beaucoup connu — et je connais encore — cette façon d’enseigner où, après un passage, un kata ou une technique, on utilise les quelques minutes de retour uniquement pour expliquer ce qui ne va pas. La posture. Le regard. Le rythme. Les pieds. Toujours le défaut. Et parfois cela se transforme même en étiquette invisible et indélébile.

Salle de dojo japonaise traditionnelle, sol en bois et cloisons shoji

Corriger, oui — mais pas seulement

Bien sûr, corriger est indispensable. C’est même la base. Mais parfois, on oublie aussi de dire ce qui progresse. Ce qui est juste. Ce qui commence à apparaître.

Je sais que beaucoup d’enseignants ont eux-mêmes appris « à la dure », parfois dans la culture d’où vient notre discipline, où l’on pense que le positif n’a pas besoin d’être dit.

Ce qui me fait un peu peur

Ce qui me fait un peu peur, c’est de voir aussi de jeunes professeurs reproduire automatiquement ce modèle. Comme si transmettre signifiait forcément être dur. Comme si encourager allait rendre l’élève faible.

Pourtant, dans tous les sports de haut niveau, on sait aujourd’hui qu’un athlète progresse mieux quand il comprend ses erreurs… mais aussi quand il sent que le professeur voit ses progrès.

Exigeant sans être cassant

Je pense qu’on peut être exigeant sans être cassant. Précis sans décourager. Et qu’un élève qui prend confiance ose davantage, progresse davantage… et reste plus longtemps sur la voie.

Un bon enseignant ne cherche pas à montrer qu'il sait. Il cherche à donner envie de continuer.

Cette réflexion rejoint ce que nous a confié un maître japonais lors d’un stage récent : la pédagogie du kendo est affaire de discernement, pas seulement de rigueur. Vous pouvez la retrouver dans notre article Rencontre avec Shimojima Sensei, 8e dan Hanshi.

Envie de découvrir le kendo ?

À l’Union Kendo des Falaises, nous enseignons dans cet esprit : exigence et bienveillance, à Octeville-sur-Mer le jeudi et à Fontaine-la-Mallet le samedi. Deux cours d’essai gratuits, matériel prêté. Venez voir par vous-même.

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